posté par vivrepourecrire on 07.fév.2008 Pas de Commentaires
Inutile de trouver une planque. Mon poursuivant passa devant l’immeuble comme s’il suivait encore quelqu’un, avançant d’une démarche qui me fit penser à un chat à l’affût d’une souris. Bizarre tout de même, il n’y avait absolument personne dans cette rue…

Je sortais illico de cet immeuble, sans précaution, sûre de moi. A peine le seuil franchi, je sentis comme une explosion dans ma tête. L’expression « voir des étoiles » se transformait en une réalité. J’en vis pleins , mais sans avoir le temps de distinguer celle du berger. A partir de cet instant, je me souviens avoir été portée puisque j’avançais, sans toucher terre.

Le reste demeure encore à ce jour un véritable cauchemar. Un état entre le coma, l’évanouissement, et ce qu’est peut-être réellement la mort !
A suivre…
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posté par vivrepourecrire on 06.fév.2008 Pas de Commentaires
Impossible de faire le moindre mouvement, même pas celui qui consiste à bouger les paupières. Avec les yeux fermés, je connaissais ainsi que le noir complet. Aucun son, ni aucune odeur ne me parvenaient. Une sensation de néant, et comme si je me trouvais couchée dans un espace fait de coton. Cette impression, pas tant inconfortable que ça, le deviendrait si elle tendait à s’éterniser…

Je n’avais plus la notion du temps, depuis quand, et pour quoi me retrouvais-je ainsi ? Mes neurones semblaient pourtant bien fonctionner puisque je parvenais à penser. C’était bien là que résidait mon malheur. Réfléchir, imaginer, sans arrêt, mais sans pouvoir exécuter le moindre signe de vie. Alors je me remémorais le début de ma journée. Surtout, ce moment très bizarre où mon portrait dans la glace m’était apparu si étrangement vieux !

Mais quel rapport entre ces deux situations insensées ? Décidément, quand on vous avertie comme quoi la vie est pleine de surprises, pour le coup, j’en mesurais à présent bien le sens.

A suivre…
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posté par vivrepourecrire on 05.fév.2008 Pas de Commentaires
Puisque ma seule fonction en état de marche demeurait celle de la pensée, je revoyais alors pleins de situations surgir de ma mémoire. Lors de mes nombreux séjours en hôpital psychiatrique, il y avait pourtant plus de 15 ans de ça, les traitements à base de neuroleptiques anéantissaient tout mes souvenirs. Or, pour l’heure, je retrouvais des sensations, vécues et occultées mais pourtant bien agréables à me rappeler.

Me souvenir de cette drôle d’impression, qu’était celle de voir la vie comme si tout régnait sur l’évidence. Difficile à expliquer. L’impression que rien n’appartenait au hasard, mais qu’on pouvait lire sa vie comme dans un livre. Si, telle personne faisait tel acte, à un instant précis, cela relevait du flagrant, de la certitude que ceci devait arriver. Sans pouvoir me baser sur un exemple précis, je vivais cet état comme doit le ressentir un médium. Regarder sa vie et la voir comme en spectateur de quelque chose qui est inévitable, et qu’on constate comme une prédestination. Il me revenait alors que ma psychiatre m’avait justement demandé si tout ne me paraissait pas comme étant « évident ». Elle devait avoir étudier la question car elle s’attendait à ma réponse positive. Dans mon délire, je me sentais très bien dans cette nouvelle conception de l’existence.

Cette expérience découverte comme un sixième sens dura peu de temps, dés les premiers comprimés de Tercian ajoutés aux gouttes d’Haldol, la magique sensation s’en alla comme elle était venue.
A suivre…
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posté par vivrepourecrire on 04.fév.2008 Pas de Commentaires
Cette sensation retrouvée, j’aurais voulue la vivre en permanence. Un vrai bonheur de deviner sa vie par rapport à tout ce qui nous entoure, impossible de mentir puisque tout est mis à plat. Je me doute que pour ceux qui n’ont jamais ressenti ça, cela doit leur paraitre absurde, idiot même. Pourtant, on reconnait que l’être humain ne se sert pas de toutes les possibilités contenues dans son cerveau. Et cette sorte de sixième sens, découvert alors durant les premiers jours d’un de mes internements, représente sûrement une de ces facultés non utilisées…

Nos souvenirs font ce que nous sommes. Sans eux, on se ressemblerait tous, avec les mêmes peines, les mêmes joies, c’est tout ce qu’on a mémorisé qui entraine nos différences. En attendant, je me trouvais toujours là, dans une espèce de léthargie, mais le cerveau en ébullition. Où était passé l’énergumène à qui je devais cet isolement ? Un tel désoeuvrement que je considérais comme étant proche de ce que j’avais appris du « purgatoire » ! Et si c’était ça la mort ? Si personne ne venait plus jamais me rechercher…?

A suivre…
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posté par vivrepourecrire on 03.fév.2008 Pas de Commentaires
Enfin, je percevais à nouveau les sons. Ceux-ci me parvenaient comme par intermittence, et en sourdine. En tout cas, bien que rares, ces bruits me libéraient de mes pensées devenues obsédantes. Déjà, dans la solitude on se surprend à se parler et même à s’engueuler, comme si on se retrouver à deux pour affronter la vie. Sauf qu’en gardant le privilège de toutes ses facultés, on arrive malgré tout à garder l’espoir que ceci n’est qu’un mauvais passage. Or, dans la condition dans laquelle je stagnais, je voyais mal comment cela pouvait finir…

Il n’empêche que ma conscience raisonnable me rassurait, au dépend de l’autre, plus impulsive, pas facile à maitriser. Deux voix intérieures se contredisaient. Au moindre déclic perçu, ces deux-là, le transformait en lui attribuant un rôle démesuré. Un bruit de fond m’informait qu’il devait pleuvoir dru derrière les carreaux…
A suivre…
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